5 juin 2007
De la régulation des plantes aquatiques envahissantes à la gestion des hydrosystèmes
Un Site pour approndir la question : Cemagref
Panorama des modes de gestion des plantes aquatiques : nuisances, usages, techniques et risques induits
Alain Dutartre, Hydrobiologiste, Unité de Recherche Réseaux, Epuration et Qualité des Eaux, Cemagref
Résumé (article complet) : La gestion des plantes est un des besoins importants de gestion de nombreux milieux aquatiques en France. Les rôles notables que jouent les macrophytes dans ces milieux doivent conduire à réaliser des interventions de régulation après une analyse complète de la situation : caractéristiques écologiques du milieu et des plantes, usages et nuisances, possibilités techniques, etc.
Après un bilan de ces techniques, une proposition de procédure est faite, qui pourrait permettre d’améliorer les conditions de la gestion.
De la régulation des plantes aquatiques envahissantes à la gestion des hydrosystèmes
Alain Dutartre, Hydrobiologiste, Unité de Recherche Réseaux, Epuration et Qualité des Eaux, Cemagref
Résumé (article complet) : Depuis plusieurs années, l’une des thématiques de recherche appliquée de l’Unité " Qualité des Eaux " de Bordeaux concerne les peuplements de macrophytes aquatiques de différents types de milieux (cours d’eau, plans d’eau, zones humides). Ces végétaux ont la particularité d’être à la fois des producteurs primaires et des habitats pour d’autres organismes et des éléments interférant avec le fonctionnement hydrologique et les usages de ces milieux. Ils apparaissent donc fréquemment dans les questions de gestion.
Cette thématique s’est développée en s’appuyant partiellement sur les demandes de gestionnaires très divers, confrontés à des évolutions défavorables (prolifération ou régression, voire disparition) de peuplements végétaux des milieux qu’ils ont à administrer.
Des besoins en termes de bilans de répartition géographique de ces espèces, de méthodologies pour qualifier et quantifier un peuplement, de connaissances sur les interrelations entre les plantes et différents paramètres abiotiques de leur environnement ainsi que sur leur dynamique de développement sont rapidement apparus et ont été à la base d’études adaptées.
A partir des nombreux échanges avec les gestionnaires, les usagers des milieux et les entreprises spécialisées intervenant dans ces domaines, des modalités de gestion des peuplements de plantes aquatiques ou de certains taxa présentant des dynamiques particulières (plantes exotiques envahissantes) ont pu être proposées en intégrant les différentes facettes du problème. Ces propositions d’intervention ont été suivies dans divers cas de mises en œuvres concrètes, ce qui a permis d’instaurer ensuite un dialogue régulier avec les acteurs de terrain. Ce dialogue, portant originellement sur ces questions de gestion, s’est élargi dans la plupart des cas à des aspects plus généraux (évolution des hydrosystèmes sous fortes pressions anthropiques, intérêts patrimoniaux des plantes et des milieux, conservation de la diversité des biotopes et des habitats, …etc.) permettant de ce fait d’établir des relations constructives avec ces partenaires du Cemagref.
La Jussie : une calamité
Il y a 20 ans nous nous baignions dans nos rivières et canaux. Pollution ? On en parlait mais elle se voyait peu et on la négligeait. Peu à peu l’aspect, les contrôles, la disparition d’espèces d’oiseaux et de poissons, l’arrivée d’autres espèces dangereuses pour notre écosystème nous ont fait réaliser, trop tardivement, que nos cours d’eau étaient bien malades, par notre faute surtout..
Ces dernières années un danger bien visible celui-là émeut tout le monde : la jussie, la myriophylle du Brésil,l’élodée, plantes si jolies dans nos aquariums, ont colonisé nos plans d’eau, profitant de l’apport irraisonné de nitrates et de phosphates, et on ne sait pas s’en débarrasser. Toutes les tentatives d’éradication ont échoué et on ne parle plus que de limiter les dégâts et nettoyer les endroits stratégiques. Des arrachages spectaculaires ont été réalisés, mais la jussie, insidieuse, revient en force et se multiplie surtout par bouturage du plus petit fragment.
L’ANPEI a été invitée lors de différents colloques et conférences à s’associer avec les autres usagers des plans d’eau et rivières pour lutter contre cette prolifération.
Participons tous, dans la mesure de nos possibilités, aux efforts engagés.
Ne disséminons pas ces boutures, évitons le plus possible les zones infestées, signalons les nouveaux foyers d’invasion auprès des organismes compétents de la DDE
Pierre Mahé
CES JOLIES PLANTES SI ENVAHISSANTES
Les algues.
Deux types d’algues prolifèrent actuellement dans les eaux bretonnes stimulées par l’excès de nitrates et de phosphates. Cette principale cause de pollution est d’origine industrielle et domestique pour la pollution ponctuelle et aussi agricole pour la pollution diffuse liée à l’utilisation des fertilisants chimiques et des traitements phytosanitaires.
Ces algues atteignent une telle densité que dans des endroits la navigation y est quasi impossible. C’est le cas dans la merveilleuse échelle d’écluses du Gueltas. Les responsables ont enfin pris conscience de cet état et des opérations de nettoyage sont effectuées avec plus ou moins de bonheur.
LA JUSSIE > Famille des Onagracées
Nom scientifique : Ludwigla (ou Jussiaea)
En réalité, 2 espèces : Ludwigia peploïdes et L. Grandiflora. Elles sont présentées réunies sans différenciation spécifique, sous la dénomination de Jussie. Originaire d’Amérique du Sud, elle a été introduite en France à la fin du XIX^" siècle en vue d’ornementer les bassins d’agrément. Elle a envahi les étangs landais, la Brenne, puis le Marais Poitevin, facilitée par sa disponibilité à la vente. La Jussie est une plante amphibie : elle peut se développer aussi bien au-dessus de l’eau que sous la surface. Son mode de reproduction en France est essentiellement végétatif : un seul bout de tige (une bouture) peut se fixer et donner naissance à un nouvel herbier de Jussies ! Elle fleurit en France de mai à septembre. Ses habitats préférentiels sont les rives de cours d’eau ou de plan d’eau.
Identifier la Jussie
Les fleurs sont jaunes ( 2 à 3 cms de diamêtre) les feuilles sont alternes, la tige est rigide , résistante et cassante.
LE MYRIOPHYLLE DU BRESIL Famille des Haloraga
Nom scientifique : Myriophyilum brasiliense
Originaire d’Amérique du sud (Argentine, Chili, Brésil), il a été introduit un peu partout dans le monde. En Europe, il est signalé au Portugal dans les années 30. En France, il apparaît dans les étangs de la région landaise puis se propage vers le nord. Comme la Jussie, le Myriophylle du Brésil est une plante amphibie, leur écologie présente de grandes similitudes... En France, il se reproduit par bouturage. Cette plante a des besoins importants en lumière.
Identifier le myriophylle
Les feuilles d’un vert tendre, aux lanières très fines sont verticillées par 4 ou 6 (c’est-à-dire qu’elles sont attachées par groupe au même endroit sur les tiffes) Ses tiges peuvent atteindre 3 mètres de longueur !
Elles sont vivaces, d’une croissance rapide et se reproduisent par bouturage
La Jussie et le Myriophylle se plaisent dans les eaux à faible courant ou marais Elles colonisent les berges afin de s’y ancrer puis progressent vers le centre de la rivière. La progression, horizontale puis verticale, étouffe toute autre espèce végétale. Le bouturage est malheureusement très efficace. Un simple brin cassé peut redonner une nouvelle plante. Les inondations, le passage des ragondins, l’intervention de l’homme sont les causes de la colonisation de nouveaux sites !
Fortes de tous leurs atouts. La Jussie et le Myriophylle compliquent la lutte !
DES CONSÉQUENCES SUR L’ÉCOSYSTÈME
1) L’asphyxie du milieu et la disparition des poisson
En été, lors de journées orageuses, la Jussie et le Mynophylle qui ont colonisé un milieu consomment plus d’oxygène qu’ils n’en produisent ; une mortalité rapide des poissons s’en suit ! Un milieu aquatique caractérisé par une densité végétale non indigène forte nuit aux poissons !
(2) Un envasement de la rivière
(3) La perte de la biodiversité végétale et animale
La lutte est l’affaire de tous !
L’idéal est un entretien régulier tout au long de l’année !
L’élimination par l’arrachage manuel apparaît comme la meilleure solution. Chaque phase de l’opération doit être appréhendée avec précaution jusqu’à l’évacuation des végétaux. Les petites quantités arrachées peuvent être brûlées puis enfouies hors zones inondables ; mais n’oublions pas que la grande résistance de ces plantes nécessite le brûlage et la mise en décharge lors d’opérations d’arrachage conséquentes !
Méthodes de luttes
ARRACHAGE MANUEL
Efficacité, bouturage minimum si arrachage précautionneux
Coût, Effort, Lenteur
ARRACHAGE MECANIQUE
Permet de traité les états d’envahissements avancés
Risque de bouturage doit être suivi d’un arrachage manuel afin de ramasser tous les morceaux cassés
TRAITEMENT CHIMIQUE
Efficacité à démontrer
Produit non sélectifà ne pas utiliser par vent et courant important ou pluie
En Loire-Atlantique et Maine-et-Loire
Faucardeuse
La lutte contre la jussie est engagée
La plante amphibie a déjà conquis les cours d’eau de Loire-Atlantique et commence à coloniser ceux de Maine-et-Loire. Pour faire face à l’invasion de la jussie, les deux départements ont lancé un programme d’arrachage mécanique et manuel.
Ses grosses fleurs jaunes et ses feuilles élancées en font une jolie plante d’ornement pour les aquariums et les bassins.
Originaire d’Amérique du Sud, la jussie a été introduite en France, à la fin du XIXe siècle.
Aujourd’hui, elle est vendue en jardinerie et a conquis un large public.
Le revers de la médaille
Revers de la médaille:la plante amphibie est une redoutable colonisatrice des milieux humides naturels. Depuis dix ans, elle a envahi les étangs et les cours d’eau de l’Ouest Atlantique au point de mettre à mal l’écosystème aquatique, la pêche et les activités nautiques et touristiques
En Loire-Atlantique, la Chère, le Don, l’Ognon, la Sevré Nantaise sont menacés . Sur l’Erdre et le Canal de Nantes à Brest, voies d’eau navigables concédées au Département, la jussie a conquis plus de 23 hectares dont 2,5 ha sur l’Erdre. Pour enrayer cette invasion, le Conseil Général a mis en place un plan d’actions, en collaboration avec un comité scientifique et technique.
Une première campagne d’arrachage a été réalisée sur l’Erdre ( environ 2 km), à Nort-sur-Erdre, et sur le canal de Nantes à Brest (13 km) entre les écluses de la Digue et du Bellion, à Saint-Nicolas-de-Redon, Fégréac et Guenrouet. La solution adoptée a été l’arrachage mécanique à l’aide d’un bateau "faucardeur". Coût de l’opération :90 000 €.
D’autres grands chantiers sont programmés pour les trois prochaines années.
Arrachage manuel
Destruction Après l’arrachage,la destruction...
En Maine-et-Loire, l’alerte a été donnée, il y a tout juste un an. L’état des lieux, dressé par le Conseil Général, a permis de localiser quelques foyers sur le Bassin de la Maine. La Sarthe est la plus touchée, notamment autour
de Châteauneuf et de Morannes. Cet automne, deux chantiers d’arrachage ont été mis en œuvre sur ces deux communes.
La mission a été confiée à deux associations d’insertion.
Un travail mené avec précaution et minutie. La plante est ainsi arrachée manuellement par tronçon de 30 m avec un filet pour éviter toute dispersion. Elle est ensuite ensachée et acheminée vers une décharge de classe 2 pour y être détruite. C’est le seu lmoyen de se débarrasser de cette jussie que certains comparent volontiers à un "alien".
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