vendredi 14 novembre 2003
(Claudine et Jean-Claude PITRAYE, bateau Hermine, saison 2003).
Sur notre saison de navigation 2003 nous avons passé un peu plus de 8 semaines en Hollande et 2 en Belgique, c’est à dire un peu plus de la moitié de la saison.
Note bateau, " Hermine ", est une vedette hollandaise ancienne construite en 1968, 12 mètres, 10 tonnes et 2 moteurs de 46 cv.
L’accès à la Hollande.
L’accès à la Hollande peut se faire quatre façons que je donnerai de la moins fréquentable à la plus aisée pour nous fluviaux.
1 – Via Gand, l’Escaut, le port d’Anvers et le Schelde-Rijn kanaal. Presque exclusivement par le commerce de fort tonnage (1 500 T, poussage et grands rhénans). Peu rassurant.
2 – Via Gand, le canal Terneuzen-gent, l’estuaire de l’Escaut occidentale et la Zélande. Beaucoup de commerce ici aussi et le croisement de nombreux bateaux de mer qui vont et viennent du port d’Anvers. Réaliste par très beau temps avec un bon bateau genre vedette hollandaise assez bien motorisée.
3 – Via l’Escaut maritime supérieur (Gand-Wintham), le Rupel, le Nete kanaal et une douzaine de kms sur le canal Albert (un peu galère) puis le canal Bocholt-herental et le Zuid Willemsvaart. C’est cette voie que nous avons empruntée mais nous nous sommes fait sérieusement secoué par le poussage et les 3 000 T sur le canal Albert. Nous ne recommencerons pas.
4 – Via la Meuse à l’aller comme au retour mais en la quittant en aval de Maastricht à l’aller pour prendre le Zuid Willemsvaart et gagner s’Hertogenbosch. Le retour pouvant se faire par l’intégralité de la Meuse qui ne présente pas de difficulté particulière et une navigation commerciale peu dense.
Même si l’on se fait remuer un peu, c’est très supportable et assez bref, la belle navigation se fait au dessus du Lek que l’on peut gagner en montant par le Wilhelmina kanaal, Gorinchem, et le Merwede kanaal. De là il est possible de passer par l’Hollandse Ijssel ou le Vecht sans oublier un aller retour sur la Linge au nord-est de Gorinchem.
Il peut y avoir deux raisons qui rebutent les plaisanciers français de se rendre en Hollande en dehors des conditions de navigation. C’est en premier la barrière de la langue. Qui parle néerlandais hors les hollandais ? Mais on arrive à se faire bien comprendre en allemand ou en anglais. La seconde doit être la gastronomie, il est vrai que là … Je ne pense pas que ce soit des raisons suffisantes pour s’en priver.
La navigation en Hollande est très plaisante.
La navigation en Hollande est très plaisante, c’est un super pays pour la plaisance. Il y a des voies d’eau partout et beaucoup d’agréables plans d’eau ou voiles et moteurs cohabitent sans problème, les premiers navigant souvent au seul moteur. Les risques de casse sur touche ou même échouage sont pratiquement nuls du fait de la mollesse des fonds. Il y a peu d’écluses, toutes faciles avec de faibles chutes, quelquefois même ouvertes. Quant aux ponts mobiles ce n’est qu’un inconvénient léger et leur ouverture est rapide même sans V.H.F. Il n’y a que les ponts-rails qui sont à horaires très strict.
Il y a partout des amarrages de qualité pratiques, solides et protégés. Les hollandais dans leur grande majorité naviguent sans pare-battages et ne les sortent que pour l’éclusage ou l’amarrage.
Sur l’Escaut Maritime près de Gand. Pas besoin de grue ou de treuil pour la sortie du bateau, il suffit d’attendre que l’eau baisse. Cette situation a tout de même des avantages !
Le prix des ports est raisonnable, le prix maxi se situant aux environs de 1,20 € le m/l (par ex 1,00 € au port " Six Haven " à Amsterdam, à proximité du centre. Le double à Paris /Arsenal). Certains amarrages aménagés aux abords des villages (sans eau ni électricité) sont quelquefois facturés au forfait entre 5 et 6 € la nuit, ce qui me paraît cher en fonction du service rendu, mais ces derniers sont rares. Tous les amarrages en campagne ou sur les lacs, hors zones urbaine, sont gratuits avec souvent des pontons en bois avec taquets ou anneaux. Ces amarrages sont très bien signalés sur les cartes de navigation par un symbole.
En attente d’écluse sur un bras du Rhin du côté d’Utrech. Impressionnant ce bateau de sauvetage prêt à être lâché à tout moment.
Partir relativement tôt le matin.
Par contre il est fortement recommandé de partir relativement tôt le matin, pour en fonction de l’étape prévue, s’arrêter au maximum avant quinze heures, souvent même avant, pour être sûr de trouver un amarrage à l’endroit convoité. Le mode de vie des hollandais est différent du nôtre ; déjeunant peu, souvent à la barre et dînant tôt. Ne pas oublier non plus que les commerces alimentaires ferment au plus tard à 18 heures et quelquefois avant.
En ce qui concerne la navigation aux abords des villes et des lacs qui en sont proches, il est raisonnable de ne pas naviguer le week-end, c’est le rush, surtout s’il fait beau, aussi bien en navigation qu’en amarrage. Si l’on a une bonne place le vendredi soir il vaut mieux la garder jusqu’au lundi matin, ou opter pour un port de ville déserté par ses habitués et en profiter pour visiter la ville. Il n’y a pas de lieu désert en Hollande même en campagne ou au fond des anciens marais. Il y a des bateaux partout, nous ne sommes jamais seuls. Cela va à l’encontre de ce que cherchent certains d’entre nous mais c’est aussi très sécurisant.
Près de Dordrecht. Super paquebot… Vous avez tout faux ! C’est un immeuble de bureaux… Se munir de cartes récentes.
Se munir de cartes récentes, les éditions changent tous les ans, et aussi le " Water almanach " de l’année. Ce dernier recense plus de 1 000 ports avec leur capacité, la taille des bateaux admis, les services et tarifs. Il recense aussi tous les ouvrages, ponts levants et écluses, et leurs horaires de fonctionnement. Tous ces ouvrages sons numérotés sur les cartes et il est facile de les retrouver dans l’almanach ; même en hollandais ; le lexique joint suffit pour les symboles et les horaires. Je ne pense pas que l’on puisse se procurer cette documentation en France, mais un voyage se prépare et un premier contact avec la Hollande est possible avant et le point le plus proche est Maastricht ou le " bunker " Shell en plein centre ville sur la Meuse (Maas) possède toute cette documentation.
Pour les inquiets.
Pour les inquiets je précise que les pompes à eaux noires existent dans certains ports, pas tous, et que nulle part nous n’avons été ennuyés (mai, juin, juillet 2003) pour le manque de cuve de réception sur notre bateau. Précisons aussi que beaucoup de bornes électriques sont à monnayeur (0,50 € pour 2 KW et non pour une temps déterminé) même prix pour environ 100 litres d’eau, ce qui est raisonnable.
En résumé, notre croisières a duré 57 jours, 47 escales dont 11 ports publics payants (45,81 €), 12 ports privés pour 18 nuitées (240,70 €) et 24 escales gratuites. Il faut ajouter 37,80 € de ponts et écluses. Ce qui fait un total d’à peine 325 € pour 2 mois.
