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ANPEI

Traitement des eaux usées

dimanche 30 novembre 2003


D’après une étude de Joseph ORSZAGH de l’Université de Mons, Belgique et une communication de Gérard BISCH.

(information parue dans le Musard’Eau n° 77 en 2003) Depuis maintenant 2 ans, nous examinons le traitement des eaux usées, nous vous livrons quelques réflexions :

Nous constatons actuellement que les industriels font le forcing pour vendre et imposer le système de pompage à quai qui va coûter une fortune aux usagers et collectivités locales sans aucune contre partie financière et écologique (panne des systèmes, affluence en haute saison).

Au fil de lecture de revues scientifiques et écologiques, nous avons découvert une alternative simple, peu onéreuse et facile à embarquer pour le traitement de nos eaux usées.

En voici les idées de bases exprimées par le concepteur du système : Joseph Orszagh qui travaille à l’Université de Mons en Belgique.

Quand on a intégré l’idée que la charge polluante normale des eaux usées domestiques n’est pas un déchet à éliminer, mais qu’elle fait partie intégrante des cycles de l’azote, du phophore, du carbone et de l’eau, on tient la clef d’une gestion durable des eaux.

Notre alimentation vient de la terre, nos déjections doivent donc y retourner, mais pas n’importe comment. Il n’y a pas de gestion durable de l’eau sans intégrer ce concept.

Des expériences montrent que l’épuration sélective des eaux savonneuses (eaux grises) est une opération simple efficace et très peu coûteuse.

En fait, 98 % de l’azote, l’élément clef de la pollution, provient des Wc.

Pour ces eaux vannes, des solutions existent.

La non-production par l’utilisation d’une toilette sèche. On peut comprendre la réticence de certains, vis à vis

des toilettes sèches proposées jusqu’à présent sur le marché. Elles sont très chères et leur écobilan est contestable. De plus la maîtrise des odeurs est loin d’être garantie. Pour des raisons scientifiques et techniques, ces toilettes sont des installations peu commodes qui rappellent à juste titre la première génération de latrines de nos grands-parents.

Le mélange des déjections dès leur production avec la litière constitue la voie unique de préparation à la formation de l’humus dans le sol. Mais là on rencontre à ce sujet de nombreuses idées erronées pour justifier la vente des toilettes sèches polluantes, certains dépliants publicitaires prétendent même qu’on fait de l’humus en desséchant les déjections avec de l’énergie électrique.

La séparation de l’urine et de la matière fécale est à l’origine des difficultés de la maîtrise des odeurs mais aussi de la pollution azotée des eaux. Après moins de 24 heures de stockage dans un réservoir, 90 % de l’azote organique contenu dans l’urine se transforme en ions d’ammonium pratiquement irrécupérables pour la formation de l’humus mais qui constituent une source de nitrates pour les eaux.

Une idée erronée consiste à croire que l’épuration protège l’environnement. En établissant le bilan azoté de l’épuration collective, on peut aisément montrer que cette activité est incompatible avec le concept du développement durable. L’épuration classique ne fait que détruire le contenu des eaux usées domestiques pour le transformer en pollution. La matière ainsi détruite fait partie de la biosphère et devrait avoir une autre destination que la pollution des cours d’eau.

Lorsqu’on analyse les impacts environnementaux des activités en amont et en aval de l’épuration, on découvre que le souci de rendre à la rivière une eau bien épurée cache des réalités peu reluisantes. Pour établir ce constat, il faut évidemment tenir compte du bilan énergétique de l’épuration, des impacts de l’élimination des boues et surtout de la matière organique, que l’on traite à tort comme un déchet dans la formation des sols. On montre même que dans beaucoup de cas, mieux on épure, plus on pollue le milieu récepteur. C’est notamment le cas des systèmes individuels électromécaniques, ou "microstations d’épuration", recommandées par l’administration.

La toilette à litière biomaîtrisée, une alternative crédible au WC à chasse.

En raison de son principe de fonctionnement, radicalement différent, la toilette à litière biomaîtrisée ou TLB constitue la troisième génération.

La TLB se place à l’intérieur de la maison à la place du WC classique, dans une pièce ventilée, mais sans aération forcée, sans percement de plafond ou de plancher. Son prix est comparable à celui d’une bonne cuvette classique avec chasse, avec cette différence qu’il n’y a ni chasse d’eau ni tuyau d’évacuation. La litière qui remplace l’eau est commercialisée pour un prix modique. Elle peut également être faite par l’utilisateur au départ des déchets ligneux du jardin à l’aide d’un broyeur à végétaux.

Dans cette toilette, la maîtrise des odeurs est basée sur le blocage des fermentations responsables des odeurs par l’inhibition de l’action de l’uréase et des autres enzymes présents dans les déjections, grâce à deux données essentielles :

La non-séparation de l’urine et de la matière fécale, L’adjonction directe à la place de l’eau d’une litière à base de matériaux végétaux.

Les effluents de la TLB rejoignent les déchets verts et les ordures ménagères pour produire un compost de haute valeur pour le jardin.

L’épuration des eaux grises

On peut diriger les eaux de cuisine, de la salle de bain, dans des cuves installées à l’intérieur du bateau. Dans ce cas, on parlera de réacteur anaérobie. Les eaux grises, toujours tièdes ou chaudes, contiennent très peu d’azote et s’épurent spontanément dans ce réacteur, sans production de boues.

Au trop plein du réacteur anaérobie, on place un bac d’aération de petite capacité contenant un système d’aération. Dans de nombreux cas, cela peut être un simple aérateur d’aquarium consommant moins de 10 watts.

Pour traiter les eaux vannes, il n’y a pas de bonne solution : on peut, dans le meilleur des cas, opter pour la moins mauvaise.


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