Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche | Plan du site
ANPEI

Accueil du site > Zapping divers > Sauvé de justesse de la noyade par l’ANPEI

Sauvé de justesse de la noyade par l’ANPEI

vendredi 22 février 2008

"Le bateau des pompiers a coulé ! Quoi ? Qu’est-ce ? Où sommes-nous ? Les pompiers ? Où est l’incendie ?"

(Texte de Maurice Howa, photos Anne d’Ocean Manor, 2006)

Une longue soirée occupée de conversations animées sur devinez … les choses de la navigation intérieure, nous avait amené à une heure avancée de la nuit, si ce n’est au petit matin. Un nécessaire sommeil réparateur nous promettait donc une grasse matinée (départ prévu à 15h00). nous remettant de nos fatigues intellectuelles, lorsque vers 8h00, un cri nous dressa debout en quelques secondes "Le bateau des pompiers a coulé ! Quoi ? Qu’est-ce ? Où sommes-nous ? Les pompiers ? Où est l’incendie ?"

Et bien, nous sommes une escadre de quatre navires de l’ANPEI (Association Nationale des Plaisanciers en Eaux Intérieures) de retour de croisière en mer de Gironde et en Dordogne. Les bateaux Lagon, La Croix du Sud, Océan-Manor et Choupy.

L’escadre A N P E I Croix du Sud , Lagon et Choupy sur la Dordogne

Lagon, Croix du Sud et Choupy devant les Côtes de Bourg sur la Dordogne

A gauche le Bec d’Ambes , derrière la Gironde

Nous étions amarrés depuis la veille, à Bordeaux, en rive droite en amont du pont de pierre, à un ponton bien aménagé et devant le mobil home des pompiers fluviaux.

Sur le ponton, Henry au petit matin à Bordeaux. Le bateau de sauvetage des pompiers n’a pas supporté la renverse de marèe dans la nuit , il ne tient à la surface que par ses amarres.

Donc, point d’incendie, mais une mauvaise coïncidence, juste cette nuit, le hors-bord des pompiers a éprouvé la malencontreuse idée de prendre un bain complet. Il ne tenait plus au ponton que par une mince amarre prête à rendre l’âme. Des curieux, certains en uniforme, d’autres en civil nous interpellent aimablement mais leurs questions nous chargent un peu : "Avons-nous veillé tard ? , "Avons-nous fait la fête ?, etc, … Nous sommes dans la position de l’honnête homme qui n’a rien à ce reprocher. mais qui, on ne sait jamais …

E nfin, un plongeur arrive et se livre à une exploration subaquatique de l’engin. Il refait surface : "Rien n’a été touché,, les étambots sont toujours en place et les bouchons aussi."

Branle bas de combat , les plongeurs sauveteurs des pompiers à pied d’oeuvre

Ouf !!! Les honnêtes gens que nous sommes respirent et les conversations avec nos amis les pompiers s’engagent sur un ton plus harmonieux. Mais voilà, le problème se pose et nos amis s’interrogent sur les difficultés administratives et techniques du renflouement de la victime et du risque de sa perte complète, C’est urgent… Les comptes-rendus, les rapports, une grue flottante, où ?, à qui demander ?, Comment ne pas faire de casse ?, dans quel délais ?, …,

C’est alors que les yeux clignotent vers la péniche de l’un des nôtres qui a sur son pont un mât de charge lui permettant de débarquer sa jolie voiture lui donnant toute liberté de déplacement aux escales. Nous intercédons alors auprès de notre ami Michel, le propriétaire du Lagon, pour une intervention technique de son matériel. Michel ne répondant qu’à son amabilité. coutumière, ne se fait pas prier. De suite, les conversations s’engagent sur le meilleur processus à suivre pour extraire du liquide argileux de la Garonne le "boat" au trois-quarts immergé.

Eh eh zorro est arrivé !!!!! Michel , son Lagon et son mât de charge hydraulique interviennent

Tout le monde entre en action. Les équipages déplacent les bateaux le long du pont afin de laisser la place au Lagon. Il peut ainsi s’amarrer ou droit du demi-noyé. Michel, sous les regards intéressés de tous manie avec une délicatesse de père, son mât de charge dont il place le crochet au droit du boat, Lentement, le crochet muni de la potence et des sangles de çharge descend jusqu’à l’eau.

Si ça c’est pas du materiel serieux !! c’est quoi ??

C’est alors à nos amis les pompiers-plongeurs de passer à l’action, Il faut passer les sangles sous la coque du noyé et crocheter le tout à la potence, Une fois cette délicate opération realisée , lentement, très lentement, Michel dirige le levage et progressivement le canot renaît à l’air libre. Mais au fur et à mesure de son extraction, le canot devient de plus en plus lourd. Hè pardi ! Ses cales sont pleines d’ une eau qui ne peut pas s’écouler librement. Il faut une pompe ! Une pompe, une pompe, …mais les pompiers n’ont pas de pompe portative. Alors Michel, sans un mot et avec la fermeté des hommes d’action, se rend à son bord et sous les yeux ébahis des jeunes pompiers, revient une petite pompe à main. La pompe est mise en route, elle soulage les cales d’une eau qui n’aurait jamais dû y entrer. Que s’est-il passé ? Quelques petits trous se sont incidemment créés et on permis la pénétration lente d’une eau alourdissant les cales jusqu’à faire plonger l’embarcation sous le niveau zéro de la Garonne. Victime de son grand âge et des services rendus sur le fleuve au secours des humains perdus dans l’onde saumâtre de la Garonne, le noyé demandait grâce et sollicitait peut-être une retraite bien méritée.

Remise a flot, évaluation des dégâts

Remise à l’eau, à la satisfaction de tous, surtout des pompiers et sous des applaudissements nourris, l’embarcation fut rapidement tractée vers un atelier pour une vérification complète. Il fallait faire vite, après quelques heures de bain forcé. le moteur avait besoin d’un traitement complet. Heureux dénouement terminé par un bon dessert. Tartes aux pommes suivies dun excellent café offert en remerciements par nos amis pompiers de la section fluviale de la Garonne de Bordeaux. Au cours de cette petite réunion sur le ponton devant nos navires, les conversations s’engagent animées et conviviales, sur quel sujet ? Et bien la navigation en fleuve, rivières et canaux. Nous sommes tous vraiment heureux d’avoir, en cette occasion, inversé les rôles et offert notre aide à nos amis les pompiers fluviaux dont la mission consiste à porter secours à nos semblables en détresse. Quel bon souvenir ! Mais nous étions tous de l’ANPEI !! Cest tout dire.

Précision : depuis cet incident les pompiers de Bordeaux disposent d’un bateau de sauvetage tout neuf et plus performant que notre rescapé


Réalisation : webenberry.com avec Spip | Hébergé par Bourges.net | Plan du site | Contact