mardi 14 octobre 2008
Suite à l’article du 28 septembre des questions.
Les ponts levants du Canal du Nivernais contribuent à l’attrait du canal. Mais sur l’ensemble des ouvrages un seul est très facile à actionner. Quant aux autres… on pourrait croire qu’ils sont là pour nous donner envie de ne pas revenir sur ce beau canal.
Nouvelles questions à la suite de l’article
Dans la chronique publiée sur le site de l’ANPEI, tout n’était pas évoqué concernant ces ponts. Les points suivants doivent aussi être évoqués.
1) Les postes d’accostage amont et aval de chacun des ponts sont trop près du pont. Sans propulseur d’étrave, il faut virer serré, viser juste et souhaiter qu’il n’y ait pas de vent. Un éloignement du pont d’une quinzaine de mètres en plus rendrait la manœuvre plus aisée. Cela revient à poser un deuxième bollard et à vérifier que le fond est suffisant le long de la rive.
2) Pourquoi avoir remplacé le système de câble qui existait auparavant ? je ne me souviens pas avoir eu des problèmes à cette époque.
3) Bien que le mécanisme actuel soit difficile à manœuvrer, est ce suffisant pour garantir que le pont ne va pas retomber tout seul au moment ou le bateau passe ? Il y a bien des cliquets (voir photos) mais je ne me souviens pas les avoir vu fonctionner correctement.
4) Quand les écrous se dévissent, on se pose des questions concernant la sécurité.
(Information Henri Clément, bateau Chamaille, 28 septembre 2008 mail)
J’ai navigué sur le versant Seine du canal du Nivernais durant la deuxième quinzaine du mois d’août. Les ponts levants basculants de : Gernehay, Chazel, Curiot et Ane nécessitaient un très gros effort musculaire que ma femme n’a pu assumer seule. J’ai du prendre sa place et faire preuve de civisme pour ne pas laisser le pont ouvert après mon passage. Dans tous ces cas, ma femme faisait contrepoids en montant sur le pont ou en se suspendant à la chaîne, côté contrepoids.
Mention particulière à Curiot et Chazal où les écrous maintenant les étriers de fixation de la boîte d’engrenages étaient desserrés de plusieurs millimètres.
A chaque fois j’ai prévenu à l’écluse d’après où l’on prenait mes doléances en compte et où l’on mettait en accusation les tracteurs qui passaient trop vite sur des ponts qui n’étaient peut être pas baissés complètement.
A la fin, excédé, j’ai photographié le pont levant de l’âne ( sans jeu de mot, c’est son nom) et examiné la situation.
J’arrive aux conclusions suivantes ( à confirmer par un spécialiste des pont levants basculants)
1) PROBLEME DE CONCEPTION Le mécanisme de levage est constitué d’une boîte d’engrenages qui sert à lever les vantelles et d’une crémaillère de vantelle soudée, suivant un certain angle, à une tige ronde qui actionne un levier de basculement solidaire de la partie haute du pont et du contrepoids. La crémaillère est renforcée d’une barre d’acier.
Pour imager les choses : la boîte d’engrenages actionne la partie basse crénelée d’une sorte de crosse de hockey dont la partie haute est fixée au levier de basculement de l’ensemble du pont.
La conception d’origine de cette boîte est de lever verticalement une vantelle, celle ci étant exactement à l’aplomb de la boîte et la crémaillère rigoureusement dans un axe vertical.
Or, ici, la boîte d’engrenage ne travaille pas dans un axe vertical. L’ensemble « crosse de hockey », reliée au levier de basculement subit un débattement lors de l’ouverture et de la fermeture du pont. Pour limiter les effets de ce débattement, VNF a permis à la boîte d’engrenages de basculer sur l’axe de sortie de la manivelle (voir photo). Malheureusement les effets mécaniques de cette adaptation, compte tenu du poids du pont et de la forme de la « crosse » créent des contraintes énormes
au niveau des pignons de la boîte ( c’est pourquoi elle bloque , puis se débloque en fonction des oscillations du pont pendant les manœuvres)
au niveau des boulons de fixation des deux étriers qui assurent le pivotement relatif de la boîte d’engrenages au fur et à mesure du mouvement de la crémaillère. Quand les écrous sont desserrés, on voit très bien le mouvement de haut en bas des étriers en relation avec les instants de blocage des pignons de la boîte.
Je pense qu’il y a une erreur de conception : La boite d’engrenages utilisée n’est pas faite pour monter et descendre une crémaillère subissant un effet de force tangentiel . En revanche, quitte à utiliser du matériel en stock chez VNF, une boîte d’engrenages permettant l’ouverture des portes d’écluse serait peut être plus appropriée. En effet elles ont été conçues afin de :
Transmettre un effort important compte tenu du poids de la porte et de la pression de l’eau.
Permettre un légère rotation de la crémaillère qui transmet l’effort, afin d’accompagner le changement d’orientation de cette tige au fur et à mesure des mouvements de la porte.
Cette hypothèse est à tester
2) PROBLEME DE REALISATION
Tout écrou ou boulon, si l’on veut qu’il soit efficace, doit s’appuyer sur une rondelle. D’autre part, trois filets du boulon doivent ressortir de l’écrou serré sur sa rondelle, suivant les règles de l’art. Les boulons de fixation des étriers sont trop courts et il n’y a aucune rondelle. Il n’est donc pas étonnant que ceux ci se desserrent VOIR PHOTOS
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Persuadé que mon bon sens mécanique et mon expérience de serreur de boulons ne suffiront pas à convaincre les ingénieurs de VNF, je sollicite critiques et commentaires d’un ou plusieurs ingénieurs mécaniciens capables de calculer les poussées engendrées par le système actuel ainsi que les frictions exercées au niveau de la boite d’engrenages.
L’avis d’un constructeur de pont levant basculant serait évidemment le bien venu !