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Pas de bollards, mais des tirettes …. !

mercredi 18 octobre 2006


On manque de bollards mais … on ne manque pas de tirettes !

(Gérard, 2006)

Les plaisanciers qui franchissent les premières écluses du Canal du Centre en venant de Digoin vont croire que les services de navigation sont devenus fous.

A moins que ce ne soit Courteline qui préside à l’automatisation du Canal.

Et pourtant la réalité est tout autre ….

Montceau-Les-Mines

Voyons d’abord les faits.

Le versant Saône.

Ce versant a été automatisé au moment ou il y avait encore un trafic de péniche de commerce et sans avoir à se préoccuper des conditions spécifiques de la plaisance. En conséquence le passage d’une écluse montante, sans doute satisfaisante pour une 38 m, est dangereux pour les bateaux de catégorie coche de plaisance.

La tirette placée vers l’amont est très difficile à atteindre pour la plupart des plaisanciers. En effet elle oblige à une succession d’opérations :

- assurer un cordage sur le bollard flottant amont pour stabiliser le bateau,

- faire avancer le bateau jusqu’au niveau de la tirette,

- essayer d’atteindre la tirette alors que le bateau reste instable puisque son point d’amarrage est situé sur son arrière, l’opération est d’autant plus risquée lorsque le bateau à un avant effilé et que l’équipier ne peut atteindre la tirette que du bout des doigts sans rien avoir pour assurer sa sécurité,

- actionner la tirette en position instable quand la cordelette fait un coude puisque les commandes utilisent l’échelle du sas et que le mécanisme se trouve décalé par rapport à l’axe vertical de la descente,

- dans le cas ou le bateau est seul dans l’écluse, et au dernier moment lorsqu’on voit les portes se fermer (car on est jamais sur que cela va fonctionner), on peut essayer d’assurer un cordage sur le deuxième bollard flottant au risque de ne pas être stabilisé lorsque les vannes vont s’ouvrir,

- dans le cas ou deux bateaux sont dans l’écluse il faudra rester sur un seul bollard et la puissance du flot va projeter le bateau sur le bajoyer opposé pour le ramener brusquement sur le bajoyer initial

- pour terminer on a droit à un arrosage gratuit produit par un geyser qui jaillit sous la coque du bateau

Pour les écluses de moindre chute et non munies de bollards flottants on constate la mauvaise répartition et l’insuffisance en nombre des bollards et surtout l’impossibilité d’écarter deux bateaux qui éclusent en même temps. Les bateaux s’entrechoquent l’un contre l’autre et celui placé à l’amont ne peut éviter des chocs violents en s’écartant et se rabattant contre le bajoyer

Le versant Loire.

L’automatisation est en cours et sa mise en place nous inquiète en voyant ce qui est réalisé sur les premières écluses depuis Digoin.

Au vu de ce qui se fait de mieux sur tout le réseau en matière d’automatisation, et en raison des problèmes constatés sur le versant Saône, nous ne pouvons pas comprendre les choix retenus.

- quatre tirettes sont placées aux quatre extrémités de l’écluse dans les quatre échelles existantes avec toujours des coudes puisque la superstructure est décalée par rapport à l’échelle.

- il n’est toujours pas possible d’écarter correctement deux bateaux qui éclusent en même temps

Comment en est-on arriver là ?

Aujourd’hui VNF a choisi d’automatiser puisque la volonté de réduire le personnel à raison de 2 % par an ne laisse pas d’autre choix.

Les plaisanciers ne sont pas contre l’automatisation. Chacun connaît des parties du réseau dont l’automatisation est une réussite. Mais pour parler de réussite il faut d’abord que la sécurité des personnes et des bateaux soit assurée.

A ce propos il faut rappeler la réglementation en vigueur concernant le passage des écluses :

Malheureusement l’automatisation n’est pas accompagnée des moyens nécessaires à son accomplissement dans de bonnes conditions.

En effet le budget ne permettrai pas de faire des travaux de maçonnerie dans le bajoyer pour y faire un passage dédié aux tirettes de commandes.

Résultat, on utilise la descente d’échelle pour y faire passer les tirettes.

Manque de moyens et bonne volonté.

Mais ce sont des hommes pétris de bonne volonté qui sont conduit à réaliser cette automatisation sans moyens. Et ils savent qu’une tirette, placée dans une échelle, elle-même située à l’extrémité de l’écluse à proximité des portes, ne constitue pas une réponse satisfaisante. Alors croyant rendre service aux plaisanciers on a sans doute pensé que quatre tirettes, aux quatre coins de l’écluse, dans les quatre échelles, pouvaient compenser le mauvais placement d’une seule tirette.

C’est dangereux.

Une automatisation sans moyens est dangereuse. Le plaisancier est seul, il n’y a plus d’éclusier, et rien ne doit être négligé pour la sécurité. Aucune écluse ne devrait être automatisée sans réunir d’abord toutes les conditions de sécurité :

- un amarrage d’attente en aval et en amont de l’écluse

- une disposition des bollards et un fonctionnement de l’écluse conformes à la réglementation

- une prise en compte de la navigation d’aujourd’hui constituée d’une très grande majorité de coches de plaisance, qui peuvent être deux ou trois dans l’écluse, et dont les équipages souvent en couples ne sont plus de la première jeunesse.

C’est du gaspillage.

Une automatisation sans moyens aujourd’hui c’est l’assurance, que demain, il faudra tout refaire.

En effet, si on veut développer le tourisme en Saône et Loire, sur et autour de l’axe que constitue le Canal du Centre, il faudra d’abord sécurisé le passage des bateaux pour que tous aient envie d’y venir et d’y revenir.

Car vouloir développer le tourisme autour d’un Canal vide de bateau ou dont les passages seraient épisodiques et dangereux est voué à l’échec.

Des solutions existent et ce n’est pas seulement une question de moyens financiers. L’ANPEI est à la disposition de tous ceux qui sont concernés par le maintien et le développement de la navigation sur le Canal du Centre.

Santenay

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