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Nieuwpoort - Nieuwpoort, 18 jours

vendredi 14 octobre 2005


(information Maurice Dewaelle, été 2005)

Itinéraire circuit été 2005.

Lundi 1/08/2005 Etape : Nieuwpoort-Bruges (41 kms).

Nieuwpoort, port de plaisance sur l’Yser. Les bateaux Franaste (capitaine : Alain et mousses : Jacqueline et leur amie Marie Claude qui les accompagne pendant une semaine) et Haarlem (capitaine : Maurice et mousse Martine) larguent les amarres à 9h00. La météo est correcte. Nous entrons dans l’écluse de St Joris ou 5 bateaux attendent déjà dont Maro et Aloha.

Sur le canal de Plassendale, la navigation est tranquille et en file indienne et de ce fait quelques ralentissements au passage des ponts mobiles manœuvrés par une équipe mobile.

Nous débouchons sur le canal Gand-Ostende vers midi. Arrêt à Stahile, ponton flottant pouvant accueillir 2 à 3 bateaux, pour le déjeuner. Cette halte est agréable et aménagée (table pique-nique, borne électrique à pièces).

Arrivée à Bruges vers 15h30 et prise d’un emplacement au port Flandria. Peu de places disponibles. J’accoste sur la rive opposée. Nous payons 10€ la nuitée (réduction d’un euro). Le soleil est présent. Nous visitons la ville historique proche du port.

Mardi 2/08/2005 Etape : Bruges-St Martens Latem (62 kms).

Départ de Bruges vers 9h00. En vue de Gand, nous prenons sur tribord la dérivation de la Lys. A hauteur de Bachte, je me prends un sac plastique dans l’hélice, le bateau se met à vibrer et n’avance plus. Franasté nous prend à couple car sur ce tronçon il n’y a pas d’amarrage possible, j’arrête le moteur et ouvre la trappe d’accès à l’hélice pour en extraire les morceaux de sac déchiquetés. Merci aux concepteurs du Nicols 1000 d’avoir imaginé cette trappe qui s’ouvre en 2 minutes. Arrivée à Deinze à 14h20. Nous y faisons escale pour déjeuner. Les dames profitent du supermarché GB proche (à côté du pont mobile) pour faire quelques courses pendant que les capitaines restent à bord pour étudier la carte. Nous attaquons la vieille Lys par le pont mobile de Deinze.

Rive gauche des prés où pâturent les vaches, rive droite de superbes propriétés, certaines avec piscine, aux jardins impeccables, pelouses anglaises et massifs fleuris de toute beauté.

Le tout sous un beau soleil. Petite fantaisie à Astene, un pont mobile face à un café avec terrasse bondée. La coutume veut que l’on klaxonne pour qu’une personne se déplace ouvrir le pont moyennant un pourboire. St Martens Latem : très beau village. Un ponton réservé en journée aux bateaux de passagers nous suffira pour y passer la nuit. Les équipages des deux bateaux prennent l’apéro sur Haarlem. Des montgolfières qui viennent de décoller nous saluent. Après le repas, ballade à vélo dans ce magnifique village. Nombreux restaurants fréquentés par les Gantois. Plus loin, dans la foret un golf 18 trous.

Mercredi 3 août 2005 St Martens Latem-Alost (59 kms).

Départ 9h00 sous le soleil et la chaleur. Nous arrivons au bout de la vieille Lys toujours aussi belle et sinueuse et bifurquons sur tribord sur le Verbiding de Gand. Nous laissons sur tribord le haut Escaut et entrons dans l’écluse maritime de Merelbeke qui donne accès à l’Escaut maritime soumis aux marées. La marée est descendante et la vitesse moyenne est élevée. Nous atteignons Dendermonde et ses pontons flottants vers 14h00. C’est le seul arrêt des 30 derniers kms. Nous accostons en prenant soin de faire demi-tour pour nous présenter à contre courant. Repas puis sieste. Pendant ce temps nous subissons la renverse de marée et montons de 3 mètres. Le courant cette fois pousse vers Gand. Cela tombe bien puisque nous devons remonter l’Escaut sur 3 kms pour embouquer la Dendre et franchir l’écluse maritime de Dendermonde.

Deux petits bateaux et une 80 mètres nous accompagnent dans l’écluse .

Nous naviguons tranquillement sur un charmant canal et arrivons aux abords d’Alost après le franchissement de deux ponts mobiles. Le pontier nous informe qu’un problème sur un pont à Ninove ( à 15 kms) ne permet pas de passer et conseille de nous amarrer à Alost car il n’y a pas de possibilité à Ninove. Nous nous exécutons mais le port VVW d’Alost est complet. Nous accostons au quai en face en rive gauche. L’accès au bateau nécessite un peu de gymnastique de la part de ses occupants. Mais rien ne nous arrête, nous avons même sorti les vélos pour visiter la ville qui est intéressante et très commerçante. La place est belle et cernée par les terrasses de café.

Jeudi 4 août 2005. Repos à Alost.

Journée de repos forcée à Alost à cause du chomage du pont à Ninove. Le soleil nous illumine toute la journée. Les deux équipages visitent la ville et font du " magasinage ". Incursion dans le petit musée situé à coté de l’office de tourisme à l’ombre du beffroi. Bel Hôtel de ville avec cour intérieure.

Nous sommes invités sur Franasté pour un déjeuner 3 étoiles (sic Marie Claude).

L’après-midi, découverte à proximité du point d’amarrage d’un magasin de vêtements de marque vendus à bon prix. Les femmes font des "économies" en dépensant "bien" et "moins cher " (resic Marie Claude). Pendant ce temps les capitaines se mettent en quête d’un marchand de vélo que nous trouvons finalement, malgré la barrière de la langue, avec la collaboration des autochtones. Nous y achetons une chambre à air, et de retour aux bateaux nous nous déguisons en mécano pour remettre en état la roue arrière du vélo d’Alain.

Puis nous rendons visite au " gardien du pont " qui nous annonce enfin la bonne nouvelle : le chômage de Ninove se termine ce soir.

Vendredi 5 août 2005 Alost – Grammont (31 kms).

Départ à 9h00. Le ciel est bien couvert et polaire obligatoire. Puis la pluie s’en mêle. En passant à Ninove nous voyons le pont en réparation qui nous avait bloqué à quai. Franchissement de l’écluse de Grammont à 15h00 et nous amarrons au port VVW juste après l’écluse. Payons 6€ la nuitée.

Nous enfilons les " Waika "s et partons visiter cette charmante bourgade qui s’étand de part et d’autre du lit de la Dendre. Les collines sont abruptes, rappelez-vous le mur de Grammont franchi par les concurrents du Tour de Flandre cycliste. C’est aussi le pays d’origine de Manneken Pis dont la statue se trouve au pied de l’Hôtel de Ville. Bruxelles, ensuite, se l’est approprié.

On y fabrique également de la très belle dentelle équivalente à celle de Bruges mais moins connue.

Marie Claude a craqué pour un " Schnauzer " en kaolin en souvenir du sien décédé quelques années auparavant.

Nous profitons également d’un supermarché pour faire quelques provisions.

Pour se venger de la météo, le soir, apéro sur Haarlem.

Samedi 6 août 2005. Grammont-Ath (45 kms).

Le ciel est moins chargé et la température remonte. Le capitaine du port nous signale que les ouvrages sont manœuvrés par une équipe mobile et de ce fait il y a lieu de regrouper les bateaux en partance. Nous serons donc 5 bateaux à faire route vers Ath. Nous quittons Grammont à 9h00. Les 5 bateaux n’entrent pas dans les écluses, il faut donc 2 bassinées à chaque écluse. Au lieu de mettre 3 heures pour l’étape, il en faudra 5h30. A l’écluse de Deux Acren, nous payons le droit de navigation pour les eaux wallonnes. Pour le trajet Deux Acren-Maastricht, soit 238 kms nous déboursons…1,05€. Ath se profile enfin, nous amarrons à un quai derrière la gare vers 15h30. Cette ville mériterait une vraie halte.

Le soleil est revenu. Tout le monde se met sur son " 31 " pour une ballade dans la capitale des géants. Belle place ceinturée de cafés avec terrasses bien garnies. Un mariage sort de la maison communale. Y participe une vieille Citroën U23 de 1947 quelle santé…

Dimanche 7 août 2005. Ath-Ladeuze (9 kms).

Le soleil est de la partie. Ce jour l’équipe mobile nous prendra en charge vers 14h00. En effet cette fois elle préfère scinder le groupe en deux, de plus elle doit descendre 2 bateaux en provenance de Beloeil. Notre souhait : rester ensemble. Le premier groupe part vers 9h30.

Nous en profitons pour faire une ballade en vélo sur la piste cyclable le long du canal vers Beloeil. Nous dépassons les 3 bateaux qui ont quittés Ath et croisons les équipages de Maro et Aloha (même port d’attache que nous), eux aussi à vélo, qui viennent voir ou en est la progression du train de bateaux car ce sont eux qui descendent de Beloeil. Nous discutons un bon bout de temps. Puis reprenons notre progression vers Beloeil avec l’intention de visiter le château. Malheureusement nous n’y arriverons pas car en vue du village, le ciel devient tout noir. Nous rebroussons chemin mais prenons la saucée avant d’arriver à Haarlem.

Cet après-midi Marie Claude quitte Franasté et nous invite à partager une pâtisserie avec ses enfants venus la chercher. Un membre de l’équipe mobile nous prévient qu’il y aura 1 heure de retard. On ne peut qu’être d’accord.

15h30 nous levons les amarres. L’éclusier lâche rapidement l’eau dans les écluses, les bateaux sont difficiles à maîtriser et cela l’amuse beaucoup. La Dendre, dans la montée de Beloeil, est pleine d’algues, envasée et les rives ne sont pas entretenues. Franasté bloque son propulseur d’étrave dans l’aventure. 18h10 l’équipe mobile nous abandonne devant l’écluse 15. Leur journée est terminée. Les amarrages de fortune sont précaires. Nous avons parcouru 9 kms en 2h30.

Nous prenons nos vélo et allons visiter le château de Beloeil tout proche.

Lundi 8 août 2005 Ladeuze-Blaton (13 kms).

A 9 heures, l’équipe mobile, différente d’hier, nous ouvre l’écluse et poursuivons la montée vers Beloeil. Le propulseur de Franasté remarche mais après l’écluse 11 son moteur chauffe. Nous arrêtons pour contrôler le circuit de refroidissement. Le tuyau d’aspiration d’eau de canal est obstrué par des algues (reliquat de la propreté du canal) et la turbine de la pompe n’a pas supporté de tourner à sec. Nous la remplaçons et tout redevient normal. Changement de secteur, le tronçon Beloeil – Blaton est propre, les berges sont fauchées et les éclusiers agréables.

Ce qui l’est moins c’est l’arrêt à Blaton où les rives sont bétonnées en V. Pour couronner le tout il y a de fréquentes variations de niveau. Il convient de bien amarrer les bateaux pour ne pas qu’ils cognent la rive. Pas loin de là un supermarché. Les femmes vont au ravitaillement. Franasté nous invite à dîner. En soirée les variations de niveaux se calment

Mardi 9 août 2005 Blaton-Strepy Braquegnies (37 kms).

Départ 9h00. Il y a de la brume sur le canal mais le soleil va pointer son nez. A peine démarré nous arrivons sur la canal Nimy-Blaton-Peronne. Il est large et bordé de nombreux sites industriels mais la navigation est agréable. Nous n’y rencontrons pas de professionnels. En vue de midi nous arrivons au grand large de Mons. Beau port situé sur un vaste plan d’eau où évoluent voiliers et planches. Nous décidons de nous y arrêter pour déjeuner. L’approche des pontons se fait au ralenti pour ne pas gêner l’évolution des voileux. Le site est très agréable et nous y sommes bien accueilli.

Le canal du Centre commence à Mons.

Les paysages sont plaisants. Nous arrivons à l’embranchement du canal historique. A son entrée un pont suivi d’une écluse qui débouche sur un bassin. Sur tribord un port de plaisance qui permet de s’affranchir des remous du canal à grand gabarit et en face l’ascenseur n°4. Ce n’est pas l’envie qui manque d’essayer l’un des ascenseurs hydrauliques pour bateaux qui sont les seuls à fonctionner encore avec les techniques originelles de fonctionnement du XIXe siècle. Merci Mr Eiffel. Les 4 ascenseurs funiculaires sont répertoriés sur la prestigieuse liste du patrimoine mondial (UNESCO). Ils permettaient aux péniches de 300 tonnes de franchir la crête de partage séparant le bassin de l’Escaut de celui de la Meuse.

Nous amarrons le long du quai d’attente et allons aux renseignements à l’écluse de Thieu. Il est d’accord pour nous bassiner et déclencher la procédure de l’ascenseur et nous informe que nous serons dans l’obligation de rebrousser chemin car l’ascenseur n°1 est fermé suite à l’accident de 2002 à ou la porte est tombée sur une péniche. Le gouvernement Fédéral Wallon a chargé la société Eiffel de sa restauration à l’original.

Franasté et Haarlem entrent dans l’ascenseur. La montée se fait doucement, il faut environ 20 minutes pour gagner les 17 mètres de dénivelé. Plus on monte, plus la vue est superbe. De très nombreux curieux observent la manœuvre. Nos bateaux figureront sur de nombreuses photos. Le village de Thieu est à nos pieds et sur la droite, le nouvel ouvrage de Strepy-Thieu. Il est temps de ranger appareils photos et caméscopes car dans l’euphorie nous n’avons pas vu le temps passer et la porte s’ouvre. Nous avançons sur un canal bordé d’arbre et nous arrêtons devant le deuxième pont mobile pour la nuit à Strepy Bracquegnies.

En vélo nous allons voir l’ascenseur n° 1, la péniche est toujours là, mais dans un triste état.

Mercredi 10 août 2005 Strepy Braquegnies-Montignies sur Sambre (47 kms).

Départ vers 9h00. La nuit a été pluvieuse et le ciel est bien chargé. Nous faisons demi-tour et repassons le N°4. Puis direction nouvel ascenseur de Strepy-Thieu au gabarit 1350 tonnes. C’est le plus grand ascenseur à bateau au monde. Sur bâbord des plaisanciers sont amarrés au quai d’attente. Nous faisons de même. A pied nous allons en reconnaissance. L’ouvrage est impressionnant. Le dénivelé est de 73 mètres. Après une heure d’attente tout le monde entre dans l’un des deux bacs (112X12mètres). La montée se fait en 7 minutes. Quel spectacle. A faire absolument. Des plaisanciers allemands et tchèques nous indiquent qu’ils s’étaient déplacés spécialement pour Strépy et Ronquières qui sont uniques. A la sortie un pont canal de 500 m de long et de 33 m de largeur utile et dont la hauteur varie entre 10 et 20 mètres. Le bief, situé à la cote 121,15m au-dessus du niveau de la mer, est le point culminant des voies navigables de Belgique. Nous y croisons Sirocco, adhérent ANPEI, qui s’apprête à rentrer dans le bac. Après toutes ces émotions, nous poursuivons tranquillement notre navigation en direction de Charleroi.

Bifurcation sur tribord au confluent du canal Bruxelles – Charleroi sur lequel se trouve le plan incliné de Ronquières, mais nous prenons l’autre sens. Le canal est large, arboré et tranquille. Arrêt à Seneffe, ancien débouché du canal avant la construction de Ronquières, et repas. Le soleil apparaît. Au moment du départ une trentaine d’Optimist arrivent du port de Bellecourt, tout proche, et évoluent dans ce bras qui forme un bassin. Le passage parmi eux n’est pas une sinécure d’autant que certains sont débutants. Ecluse de Viesville. Nous avons rattrapé une 80 mètres. Elle attend qu’une autre 80 m montante soit bassinée. Nous patienterons 45 minutes. La chute est de 10 mètres. Enfin nous entrons et au moment d’amarrer mes lunettes de vue tombent à l’eau. Heureusement à bord j’ai une ancienne paire qui me permettra de voir au loin et Jacqueline me prête une paire de lunette loupe qui me permet de lire. C’est toujours mieux que rien. Morale : attacher les lunettes avec un cordon.

Nous abordons la Sambre.

A l’écluse de Marcinelle, Franasté s’amarre et tente de remplir son réservoir d’eau avec l’accord de l’éclusier mais, ce dernier pressé semble t-il par un professionnel qui arrive en aval, commence à vider l’écluse. Voila Franasté pendu. Alain sort en criant à l’éclusier d’arrêter la manœuvre. Franasté prend du gîte et heureusement le bout casse… et le bateau retrouve l’eau 50 cms plus bas. Ouf plus de peur que de mal.

La traversée de Charleroi se fait entre 2 hauts murs bétonnés. Décevant. Quelques adolescents se croient intéressants en bombardant, du haut d’un pont, les deux bateaux de cailloux et de morceaux de verre. En sortie de ville, les deux rives sont bordées de sites industriels sidérurgiques où fumées, vapeur, bruits et odeurs sont très désagréables. On se demande ce que l’on est venu faire ici. Mais c’est un passage obligé pour atteindre la Meuse.

Nous arrêtons en amont de l’écluse de Montignies, fermée, pour y passer la nuit.

Jeudi 11 août 2005. Montignies sur Sambre – Namur (44 kms).

La nuit n’a pas été très bonne. Une péniche à démarré à 5h30 et l’atelier industriel vers 6h30. Départ 9h00. Nous franchissons l’écluse. La Sambre est large, sale et bordée d’une suite ininterrompue d’industriels. Sur bâbord un centre commercial de la ville de Tamines. Il est 11h00 et nous accostons à l’échelle incrustée dans un quai assez haut et allons au ravitaillement. Midi est proche et décidons d’y rester pour déjeuner.

La Sambre est plus sympa à l’approche de Namur. L’entré sur la Meuse est un réel plaisir pour les yeux.

Le port de Jambes est complet. Nous accostons au pied du casino et de la citadelle pour y passer la nuit. Découverte à pied du vieux Namur.

Coût de la nuitée 6€

Vendredi 12 août 2005. Namur – Huy (34 kms).

Au port en face, des places se libèrent. Nous en profitons pour traverser et faire le plein d’eau (1€/200 litres) et remplir deux bidons de mazout (0,69€/l * 41l). A 11h00, nous larguons direction Huy que nous atteignons vers 15h00 après une navigation très agréable sur une Meuse large, certes, mais aux paysages vallonnés et boisés. Le port de Corphalie est situé dans une petite darse, en face de la centrale nucléaire de Tihange. Le soleil est là. Nous sortons les vélos pour visiter le centre ville. Foire aux manèges en rive droite.

Nous invitons l’équipage de Franasté à venir partager notre dîner.

La nuit tombée, nous pouvons admirer des jeux de lumière sur la première tour aéro-réfrigérante de la centrale. Le port est calme et nous payons 6€

Samedi 13 août 2005. Huy – Liège (30 kms).

Le ciel est bleu, il est 9h00 nous quittons Huy direction Liège. La Meuse et ses rives sont toujours aussi belles. Dans l’écluse de Ampsin-Neuville nous sommes 7 plaisanciers plus une 80 m vide entrée la dernière et qui se poste derrière nous. Impressionnant. A la sortie de l’écluse, les plaisanciers se rangent et la péniche nous trémate moteur à fond. Ca remue.

L’entrée de Liège est industrielle et sidérurgique. Mais c’est moins agressif qu’à Charleroi, la Meuse étant beaucoup plus large on respire mieux. En rive gauche le stade du Standard de Liège. Le pont de Fragnée est superbe et les statues dorées brillent sous le soleil. La traversée de la ville est sympa mais attention aux bateaux de passagers ou taxis qui abusent un peu de leur priorité. Nous décidons de nous arrêter au port de yachts. Ce dernier est proche du centre ville historique et du " carré " quartier piétonnier où la bière coule à flot et que nous ne manquons pas de visiter.

Moins drôle, la carte mémoire de mon appareil photo numérique se met en défaut. Impossible de récupérer les 70 photos qu’elle contient.

La nuitée nous est facturée 8,85€ branchement électrique compris.

Dimanche 14 août 2005. Liège – Bree (61 kms).

Nuit pluvieuse. Après essuyage du bateau, nous levons les amarres vers 10h00. Dans une courbe " Li Torre ", qui pousse une grande barge vide, nous demande par VHF de nous ranger, il est gêné par le vent qui souffle par le travers, afin de manœuvrer tranquillement entre les pilles du pont des Arches. En sortie de Liège, nous retrouvons les industries. Devant nous, se dresse une grande statue du roi Albert qui marque le début du canal éponyme. Ce canal est large, impersonnel, rives bétonnées en V, rien n’est fait pour le plaisancier. Dimension des écluses : 200X24m. C’est l’autoroute pour les péniches de 2000 T et plus sur les 130 kms qui séparent Liège et Anvers. La majorité des professionnels qui le pratiquent n’ont rien à faire des plaisanciers. Leur seul objectif est de parcourir la distance dans le temps le plus court possible sans s’attendrir sur le sort des plaisanciers.

Nous amarrons à proximité de l’écluse de Lanaye, pour y déjeuner. Cette écluse relie le canal Albert et le Juliana Kanal qui mène à Maastricht.

Un coup de téléphone nous informe de l’état de santé précaire de belle-maman (93 ans) qui a été hospitalisée inanimée. Après concertation avec nos amis de Franaste, nous décidons de nous séparer pour rentrer le plus rapidement possible à Nieuwpoort.

La voie la plus courte est le canal Albert sur lequel nous nous élançons à fond alors que Franaste franchit l’écluse de Lanaye. Quelques kms plus loin, à hauteur du port de plaisance de Yakan (PK 19) ,l’un des rares ports sur cet autoroute, notre VHF reçoit un message en flamand indiquant que 500 mètres plus loin le canal est fermé pour permettre la démolition d’un pont. Nous avions omis un détail : hormis sur les canaux maritimes, les professionnels ne sont pas autorisés à circuler les dimanches et JF. Conséquence : sur ce canal les ouvrages ne sont pas manœuvrés ces jours là. L’entreprise de TP profite donc de ces deux jours pour casser le pont franchissant le canal. Nous ne pouvons que remercier le capitaine du port car la première écluse se situe … 22 kms plus loin et nous aurions trouvé portes closes.

Nous faisons demi-tour et une heure plus tard, franchissons l’écluse de Lanaye. Nous voilà parti vers Maastricht où, malheureusement nous ne nous arrêterons pas cette fois ci. En passant à hauteur du port de St Pieter à Maastricht nous apercevons Franaste amarré. Maastricht est traversé assez rapidement et bifurquons sur bâbord pour passer l’écluse Bosscheveld . Le ciel est tout noir et traversé d’éclairs. Un orage éclate, mais il est de courte durée et il ne pleut plus lorsque nous entrons dans l’écluse après 25 minutes d’attente. Pas d’éclusier, mais des caméras et tout est automatique. L’écluse s’ouvre sur le ZuidWillemvaart. Ce canal très agréable et boisé est peu fréquenté par les professionnels (canal Albert oblige) et la plaisance retrouve sa place. On y rencontre à espace régulier ports ou haltes fluviales. Dommage que nous soyons pressés mais ce canal mérite d’être exploré en prenant son temps. Nous naviguons jusqu’à 20h00 et nous sommes à Bree. Plus de place au port. Une 25 mètres d’habitation " le clochard " nous invite à nous mettre à couple. Ce que nous faisons. Grosse tempête durant la nuit et la pluie ne cesse de tomber.

Les nouvelles de la santé de belle-maman sont plus rassurantes, elle a repris connaissance mais son état reste préoccupant.

Lundi 15 août 2005. Bree – Lier (88 kms).

Nous quittons Bree à 8h00. Le vent s’est calmé mais le ciel est chargé. Le canal est reposant (heureusement car nous naviguons sans haltes), nous croisons peux de plaisanciers. Par contre les pêcheurs à la ligne sont présents. Sur les rives, les chemins de halage sont aménagés en pistes cyclables et de randonnée. On n’est jamais seul. A l’approche de Mol, juste après le confluent du canal de Beverlo nous enchaînons les 3 premières écluses sans attente pour déboucher sur le croisement avec le canal Dessel-Kwaadmechelen. Endroit agréable, avec pontons, bordés de restaurants fréquentés par de nombreux plaisanciers qui viennent y déjeuner. Nous traversons pour poursuivre, avec le franchissement de 7 écluses, la descente vers Herentals où l’on retrouve le canal Albert. En passant la dernière écluse, vu l’heure avancée un jour férié, je préviens l’éclusier de mon intention de gagner la Nette canalisée à l’entrée de laquelle se trouve l’écluse de Viersel que je ne souhaite pas voir fermée, puisqu’un bief de 10 kms nous sépare. Et dormir sur le canal Albert ne m’enchante pas, le trafic professionnel pouvant reprendre à 22h00. Sans perdre de temps nous parcourons la distance gêné par endroit par des amateurs de ski nautique qui s’en donnent à cœur joie.

Notre arrivée à l’écluse de Vierse semble être attendue puisque les portes sont ouvertes, le feu est vert. Ouf. Nous remercions l’éclusier car il fera quelques minutes supplémentaires et demandons où trouver une halte sympa. Il nous conseille Lier. Nous nous y amarrons vers 19h00. Nuitée 6€. Belle maman a subi une intervention médicale et est très faible.

Mardi 16 août 2005. Lier - Gand (86 kms).

Aujourd’hui la journée sera plus difficile et stressante, car après l’écluse de Duffel, nous serons à nouveau soumis à la marée et nous ne pouvons choisir le moment le plus propice pour remonter l’Escaut. En fonction des marées, le courant peut atteindre 8 km/h. Nous rejoignons l’Escaut maritime à Ruppelmonde. Ce carrefour, extra large, met en liaison Anvers, Bruxelles et Gand. Il est dangereux puisque des navires de tous gabarits s’y croisent en tous sens. N’oublions pas que Bruxelles est un port de maritime pouvant accueillir des unités jusqu’à 10 000 T . L’Escaut est très large, sinueux, le paysage est joli et boisé, entrecoupé de petits ports et de villes. C’est beau sur une trentaine de kilomètres, jusqu’à Dendermonde ou nous revenons en terre connue. Par chance le courant va dans notre sens. Après Wetteren, le courant s’inverse et la progression est plus laborieuse.

Enfin l’écluse de maritime de Merelbeke se profile à l’horizon, nous nous réfugions au premier port sur tribord, le yachting Merelbecke. Il est 20h00. Ballade en vélo rive gauche pour se détendre un peu en direction de Gand et repérage d’une boulangerie car demain matin il faudra du pain..

Mercredi 17 août 2005. Gand - Leffinge (62 kms).

Première action de la journée, achat de pain. Départ vers 9h00, canal circulaire de Gand (Ringvart) puis canal Gand Ostende. Navigation tranquille et plaisante. Pour ne rien gâcher le soleil est revenu et il fait chaud enfin je peux piloter du haut. A Beernem des travaux de dragage nous immobilise une dizaine de minutes. Voici Bruges et ses ponts mobiles. Ce n’est jamais rapide, il y a de l’attente à chaque franchissement d’ouvrage mais en plus voilà que nous devons laisser passer …. 31 bateaux de plaisance anglais et 2 péniches. Quelle pagaille. Pour ne pas être pris dans ce tourbillon, nous nous amarrons. Cela durera un quart d’heure avant que l’on puisse passer.

Dernière ligne droite, le Canal de Plassendale. Malheureusement l’équipe mobile arrête à 18h30 et nous sommes à 3 ponts du but (10kms). Nous prenons rendez-vous pour demain 8h30. et nous passons la nuit devant le pont.

Jeudi 18 août 2005. Leffinge - Nieuwpoort (10 kms).

8h30…9h00, personne. Je téléphone au poste central et 15 minutes plus tard deux plaisanciers arrivent en sens inverse. Le pont se lève, nous passons après eux. Puis les deux derniers ponts sont une formalité. Enfin l’écluse St Joris que nous franchissons seuls et 10 minutes plus tard nous retrouvons notre catway. Martine n’a qu’une hâte : se rendre à l’hôpital au chevet de sa maman. Un coup de téléphone l’informe que cette dernière, hors de danger, sortira dans l’après-midi pour regagner sa maison de retraite. Elle ira la rejoindre après le déjeuner.

Pendant ce temps, j’entreprends le néttoyage du bateau.

Nous finirons les vacances à quai.

Bilan des 18 jours.

Distance : 780 kms, Heures moteur : 130, 74 écluses et 67 ponts mobiles. Je salue René CROC adhérent du couloir Rhodanien, pour l’aide qu’il m’a apporté l’année dernière ainsi que pour les conseils judicieux qu’il m’a prodigué et qui m’ont été d’une grande utilité.


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