Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche | Plan du site
ANPEI

Accueil du site > Voies d’Eau > Vilaine (La) > Même un shadok s’épuiserait à dévaser la Vilaine

Même un shadok s’épuiserait à dévaser la Vilaine

jeudi 17 janvier 2008

Des usagers préconisent de lancer de grandes opérations curatives.Les pouvoirs publics attendent de pouvoir faire des simulations.

(Ouest-France, vendredi 11 janvier 2008, Camille Traini )

(L’épaisseur de vase varie entre 2 m (Grand Sécé) et 16 m. En certains endroitsoù les sédiments se sont accumulés pendant des milliers d’années, elle atteint même20 mètres. Comme ici en avaldu barrage où on aperçoit,à droite, les bateaux qui reposent sur la vase près du port de Vieille-Roche.)

Ceux qui avaient quelques illusions sur l’impact des opérations de rotodévasage dans l’estuaire de la Vilaine (1) les ont perdues. Les autres se satisfont des améliorations apportées. « Il ne fallait pas en attendre des miracles. En permettant aux pêcheurs de Tréhiguier de retrouver, même temporairement, l’usage de la cale, le rotodévasage est efficace », considère Jean-Baptiste Pigot de Défense et Sauvegarde de la baie de Vilaine « Notre déception vient plutôt du fait qu’il faille attendre pour des travaux de plus grande ampleur : creusement du chenal externe, rejet des vases à l’extérieur de la Vilaine. »

Travaux d’Hercule

Avant de se lancer dans des opérations qui ont tout de travaux d’Hercule, l’Institution d’aménagement de la Vilaine (IAV) préfère prendre le temps de la réflexion. Elle attend, sagement, le résultat des études, hydraulique et hydrosédimentaire : « Il nous faut vérifier si le creusement d’un grand chenal de 1 à 2 km de long sur 100 m de large aura un effet durable », explique Michel Allanic, directeur de l’IAV « Quand nous aurons une modélisation hydraulique et hydrosédimentaire de l’estuaire, nous pourrons simuler la création du chenal et en voir les effets. Car il faudra probablement aller larguer les sédiments à un endroit où ça ne gêne pas et aussi entretenir ce chenal… »

Autant d’arguments qui devraient freiner l’impatience de ceux qui réclament des actions curatives d’envergure. Les résultats de l’étude sont espérés pour début 2009. « Elle nous permettra aussi de comprendre les mécanismes d’envasement des plages. »

Des plages peu attirantesà marée basse

L’envasement ne touche pas que les plaisanciers. Il gêne aussi pêcheurs à pied et baigneurs. Et préoccupe certains élus de communes touristiques qui craignent qu’à terme, on ne puisse plus accéder qu’à marée haute, aux plages les plus touchées. « Il y en a de plus en plus de vase au niveau de la Pointe de Kervoyal. Il arrive même que des gens qui pêchent à pied, s’enlisent », déplore Jacques Mathieu de Damgan. Le président du comité de défense de la baie de Kervoyal estime qu’on devrait plus se préoccuper des pieux à bouchots (élevage des moules) « qui piègent la vase près des rivages. Inutilisés, beaucoup sont toujours en place sous la vase. »

Le militant associatif verrait bien la réflexion s’inscrire dans une démarche de développement durable. « Il faudrait peut-être regarder avec les professionnels si les techniques de mytiliculture modernes sur filières (moins liées aux pieux) peuvent être mises en place. C’est aussi du ressort de l’IAV. »

(1) Remise en suspension des vases qui sont emmenées au large par la marée descendante.


Réalisation : webenberry.com avec Spip | Hébergé par Bourges.net | Plan du site | Contact