vendredi 21 mars 2008
A la veille de sa démolition, rétrospective sur ce monument qui laisse beaucoup de Hennebontais nostalgiques. (Ouest-France en collaboration avec Nadine Bouillet-Sorin, archiviste de la ville, 3 mars 2008).
Dans quel contexte s’inscrit votre construction ?
A celui de à la ligne de chemin de fer Port-Louis-Baud, via Hennebont et Lochrist. Une voie qui emprunte le halage et la gare Hennebont—Echange, sur les quais de la rive gauche. « La Compagnie des Cirages français, propriétaire des Forges avait compris l’enjeu éco-nomique, pour le transport des marchandises par wagons, de l’u-sine jusqu’à la gare principale. » En 1906, la Société des Cirages s’engage à verser une aide de 40 000 francs pour la construction de la ligne Port-Louis-Baud et le rac-cordement avec la gare principale. Et à terminer le pont sur le Blavet. « Si l’on parle de l’ouverture de la ligne de chemin de fer Port-Louis-Baud via Hennebont, j’ai vu le jour le 4 septembre 1921, mais c’est en 1923 qu’un arrêté préfectoral autorise l’ouverture de la ligne entre « Hennebont-Port-Louis » et « Hennebont-Echange. »
Le pont de fer
Une existence relativement courte. Pourquoi ?
« Parce que, dès la fin de la pre-mière guerre, le chemin de fer subit la concurrence des transports rou-tiers, notamment des autobus. » Ils apparaissent ici en 1932. Deux ans plus tard, la ligne de chemin de fer secondaire est supprimée sur cette portion.
Un moment douloureux, le 7 août 1944 :« Pour ralentir la progression des Américains, les Allemands font sauter les ponts. Je suis cou-pé en deux et il faut attendre 1945 pour voir mon rétablissement. » La ligne de chemin de fer continue à fonctionner jusqu’en 1947. « Après cette date, je suis propriété exclu-sive des Forges ainsi que le pont métallique. » La ,liaison pour le transport des marchandises fonc-tionne jusqu’à la fermeture de l’usine, en 1966. Et puis, « on m’installe une canalisation qui va jusqu’à l’Arsenal. » En 1940, un arrêté préfectoral autorise l’installation d’une alimentation en eau potable pour la marine nationale. Le branchement prend sa source dans la rivière du Couédic, à Inznzac-Lochrist.
Vos derniers souvenirs ?
« Je suis racheté par la ville, en 1973, pour 10 000 francs aux Forges. Et la Marine, par convention, s’engage à verser 5 000 francs, pour l’entretien. Et puis, je vieillis mal et les choses s’accélèrent… » En 2003, après rapport des services techniques municipaux sur l’état de vétusté du tablier du pont, l’inspection de la Socotec conclut que l’ouvrage ne présente plus la solidité nécessaire pour être utilisé etque son accès doit être interdit
Projet de passerelle
Les soudeurs ont attaqué hier après midi le Pont de fer. Un premier tronçon a été enlevé. Le tablier central sera démonté la semaine prochaine à l’aide d’une barge. (Ouest-France, 6 mars 2008)
La fin du Pont de fer était annoncée. Deux imposantes grues, de 160 et 200 tonnes, ont été positionnées, mercredi,. non loin du Pônt Jehanne-la-flamme. Des ouvriers de l’entreprise GDE de Lorient ont commencé à jouer du chalumeau peu après 14 h pour découper le premier des trois tronçons, déposé non loin de la place de la Poterie. Une trentaine de personnes a suivi la lente agonie de ce monument hennebontais. Les ouvriers doivent s’activer aujourd’hui de l’autre côté. Le tablier central sera démantelé à l’aide d’une barge dans le courant de la semaine prochaine. Ce sera une opération bien spectaculaire.