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Grève des éclusiers du bassin de la Seine

mercredi 20 février 2008


Information Compiègne (27/02/2008)

La grève pour l’instant est suspendue et le trafic a repris.


La situation vue du Port de Compiègne (27/02/2008) Je viens de communiquer avec un chargé montant passant devant notre port et il m’a indiqué que ce matin le trafic est rétabli.

Hier après midi, il y avait encore des blocages et 8 ou 9 bateaux 38 mètres étaient arrêtés à 16h00 au dessus de Venette.

Pour l’instant j’ignore si ce rétablissement est définitif et quel a été le bilan des négociations concernant les futurs horaires de navigation.


La situation vue de Compiègne (26/02/2008)

Voici les dernières nouvelles selon la subdivision de Venette à 9H05 :
- Canal du Nord fonctionnement normal
- Canal latéral à l’Oise : fonctionnement normal
- Rivière Aisne : fonctionnement normal
- Rivière Oise : il subsiste encore un point de blocage à l’écluse de Sarron (Pont Sainte Maxence) qui devrait se débloquer ce matin ou au plus tard dans l’après midi.


Le mouvement de grève des éclusiers a pris une nouvelle tournure hier matin, quand le préfet de l’Oise a décidé de les réquisitionner. (Le Parisien , 25 février 2008)

HIER MATIN, ce sont les forces de l’ordre qui sont venues chercher les éclusiers à leur domicile pour les conduire à leur poste de travail. Samedi soir, un ordre de réquisition avait en effet été pris par la préfecture qui a estimé que les éclusiers portaient atteinte à l’ordre public. Il leur a ainsi été ordonné de rouvrir les écluses de 9 heures à 13 heures et de 14 heures à 18 heures afin de rétablir le trafic fluvial bloqué depuis mardi 19 février par leur mouvement de grève.

« Celui de Sarron a refusé d’obéir »

« C’est une atteinte à notre droit de grève. Si on refuse, c’est le tribunal et le licenciement ! » tonne Pascal Bonus, responsable du barrage et de l’écluse de Venette. « En vingt-trois ans de travail, je n’ai jamais vu ça ! L’éclusier de Sarron a refusé d’obéir et on l’a conduit à son poste avec les menottes, celui de Verberie en a fait un malaise et a été emmené à l’hôpital, celui de Venette a été dérangé dans son sommeil juste après minuit. Il a quatre enfants dont certains en bas âge et les policiers ont tambouriné à sa porte à cette heure-là. »

Depuis mardi, les éclusiers protestent contre la réorganisation de leur travail qui les conduirait à faire plus d’heures, à se déplacer sur d’autres écluses avec leur véhicule personnel ou encore à ouvrir les écluses certains jours fériés. « Le tout sans pause à midi ! Il faut plus d’effectifs. Notre métier va finir par disparaître avec l’automatisation des écluses », commente Michel Brault, éclusier à Janville. « D’autant qu’une partie du personnel est déjà passée à la trappe et que les personnes qui partent en retraite ne sont pas remplacées. »

Quelques mariniers ont réussi à passer des écluses, mais une centaine de péniches étaient toujours bloquées sur les canaux de l’Oise hier soir. Patrice Canipel doit aller livrer 300 tonnes de gravillons à Gennevilliers et ne se fait pas d’illusions. « Je vais encore être bloqué plus loin. Je perds 500 € par jour, ça commence à bien faire. »

A côté de lui, Joël Verbeke vient récupérer une attestation que lui donne l’éclusier, « Cela me permettra peut-être d’être indemnisé et c’est une preuve de ma bonne foi pour mon client. » Tous savent que la grève est censée se poursuivre aujourd’hui, lundi, et certains esprits s’échauffent. A moins que le préfet ne délivre de nouvelles réquisitions aux éclusiers dont les responsables syndicaux ont été reçus hier soir par leur direction à Paris pour engager de nouvelles négociations.


Les grévistes du Service Navigation de la Seine ont contraint hier leur directrice à venir s’expliquer devant eux.

(Le Courrier Picard, Marielle Martinez, 20 février 2008)

15 h 36 hier , Marie-Anne Bacot, directrice du service de navigation de la Seine (SNS), déboule à Compiègne. Face à elle, pas loin de cinquante grévistes - éclusiers, chef d’équipe, agent d’entretien - qui sont depuis ce matin sur les charbons ardents. Les drapeaux de la CGT sont de sortie, ceux aussi de la CNT et du SUP-équipement.

Celle qui est aussi directrice du Port Autonome de Paris s’engage à être "franche" et "transparente" avec les agents. Le but du plan d’exploitation qui a déclenché leur colère et qui doit être opérationnel le 1er mars, est d’augmenter l’offre de service avec des écluses ouvertes 14 heures par jour, au lieu de 12 actuellement. Une amplitude horaire qui vise à fluidifier le trafic fluvial.

Un objectif que Marie-Anne Bacot doit atteindre avec des effectifs en perte de vitesse. Sur 623 agents au total sur l’ensemble des 18 arrondissements de la SNS, 17 postes ont été supprimés l’an passé ; 8 le seront cette année. "On est à la limite", concède la directrice. Le plan d’exploitation prévoit donc de modifier les plannings des éclusiers : ouverture à 6h30 le matin ; fermeture à 20h30 le soir. "On va donc travailler plus tôt le matin, plus tard le soir, sans que la pénibilité ne soit compensée et vous nous dîtes que ça va s’améliorer après coup ?", résume, incrédule, un des agents.

Des éclusiers d’autant plus hostiles à cette réforme qu’ils sont au bord de l’asphyxie. "On n’a pas de vie privée. Je viens d’avoir un enfant et je ne peux pas prendre de congé parental", tempête celui-ci. L’assemblée tangue sous la colère : "hier, à l’écluse 12, le gars a dû faire deux services, 14 heures de travail en une journée !" ; "on n’a pas de week-end complet" …

Aussi les grévistes refusent-ils en bloc l’ouverture des ouvrages le dimanche de Pâques et le 14 juillet mais aussi la réduction de leur pause méridienne, de trois quarts d’heure à 20 minutes "on ne vas pas manger dans nos cabines, avec les punaises l’été ! Venez voir canal du Nord. Il n’y a pas de toilettes, pas de vestiaires. On vit dans la merde !" Marie-Anne Bacot fait quelques promesses : un suivi des dérogations horaires par les chefs d’arrondissement ; des crédits pour améliorer les conditions d’hygiène de certaines écluses. Mais n’en continue pas moins à défendre les principes du plan d’exploitation face à des agents sceptiques.

Solliciter d’avantages ceux des ateliers d’entretien pour assurer les remplacements ? "Le mois dernier, j’ai fait un jour d’entretien ; le reste du temps j’étais de service d’écluses", témoigne l’un d’eux. Faire appel aux vacataires ? "C’est de l’esclavagisme moderne", commente en aparté un agent de la subdivision de Péronne. "Il y en a 20 déjà chez nous : ils sont rémunérés 8,44 € brut de l’heure, dimanche compris… " Le ton monte ; certains menacent, "Ne vous étonnez pas s’il y a des actes de vandalisme." A 17h30 Marie-Anne Bacot veut mettre fin à l’échange. Mais la directrice du SNS est retenue jusqu’à 20 heures dans le hall de l’arrondissement. "Pas question de suspendre le mouvement pendant 48 heures comme la direction l’exigeait pour pouvoir négocier avec Voies Navigables de France et l’Etat. La grève est reconductible !" annonce Stéphane Swechowiez, de CNT. Nouveau coup d’arrêt donc ce mercredi au trafic fluvial ( 8 000 à 9 000 tonnes de fret) mais aussi à la gestion du niveau de l’eau.


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