dimanche 1er octobre 2006
Attention … Danger pour la plaisance !
(Constatations 2006, Gérard)
Les plaisanciers souhaitent des aménagements et notamment des ports et chantiers d’hivernage et d’entretien en nombre suffisant et bien équipés. Ces équipements sont indispensables pour l’hivernage, pour l’entretien des bateaux. Ils sont tout aussi précieux pour accéder à la découverte des grandes villes en toute tranquillité et répondent aux besoins ponctuels des plaisanciers en croisière pour y trouver divers services en fonction de l’équipement de leur bateaux et de leur mode de navigation (eau, électricité, vidanges diverses, laveries, …).
Mais au quotidien, les plaisanciers ont d’abord et avant tout, besoin de simples amarrages.
Aucun plaisancier ne peut envisager de passer toutes les nuits dans un port ou une halte payante. A raison de 5, 10, ou 15 Euros pour passer ses cordages autour d’un bollard lorsqu’on a besoin d’aucuns services (pas d’eau, pas d’électricité, ….), et sachant que la navigation se déroule d’avril à octobre, aucun budget ne peut le supporter.
Quelques exemples :
Gannay, sur le latéral à la Loire, la halte comportant quelques bollards annexés par un loueur est remise dans le domaine public après la protestation des plaisanciers,
Fragnes, sur le canal du Centre, l’aménagement de la halte est le prétexte pour faire payer l’amarrage sans bollard ni équipement jusqu’à ce que les plaisanciers obtiennent des panneaux délimitant la zone payante et laissent ainsi un espace d’amarrage gratuit,
Rogny les Sept Ecluses, sur le canal de Briare, où les plaisanciers doivent protester contre un amarrage non aménagé mais payant,
Montbard, sur le canal de Bourgogne qui peine à vivre, réclame 15 Euros pour la nuit,
Dannemarie, sur le canal du Rhône au Rhin, coincé entre deux écluses le plaisancier ne peut échapper à l’amarrage payant,
Port sur Saône, sur la Saône, VNF a cédé la concession du quai vieux comme la rivière pour en faire un amarrage payant alors qu’en face existe déjà un port,
…,
Les plaisanciers ne peuvent accepter cette dérive dangereuse qui consiste à transformer en parcmètres les berges des voies navigables.
Lorsqu’un bateau s’arrête dans une commune il y vient en consommateur des commerces ou des curiosités touristiques. Il ne saurait être question de régler en sus un droit d’amarrage.
Les plaisanciers acceptent naturellement, comme les habitants de la commune qui les accueillent, de payer les prestations réelles que sont l’eau ou l’électricité. Mais l’amarrage doit rester gratuit tout en acceptant des limites dans le temps, par exemple 24 ou 48 heures.
Les plaisanciers doivent avoir le choix entre le simple amarrage sans prestations mais gratuit et le port payant avec l’ensemble de ses services.
Le fluvial n’est pas la mer. Et il faut arrêter les comportements qui mettent en danger la pratique et le développement du tourisme fluvial.
Il faut cesser de considérer le plaisancier fluvial comme un nanti. A ce sujet, dans un avis récent, le Conseil Economique et Social de la Région Rhône-Alpes indiquait :"…la proportion des usagers (les plaisanciers) à revenus élevés est minoritaire (environ 10 % au port de Valence). La plaisance constitue bien davantage une passion pour une population à revenus moyens …"
Et si par malheur l’accostage des bateaux devenait impossible du fait d’aménageurs inconséquents c’est l’ensemble des activités autour des voies navigables qui en pâtirait. …
Imaginez une voie navigable sans bateau, le spectacle et la vie n’existe plus, le tourisme fluvial perd son meilleur vecteur d’attrait.