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Cours d’eau. Une santé à retrouver pour 2015

samedi 14 juin 2008

Un article du Télégramme de Brest précédé d’un commentaire de Kader Benferhat, Président du Comité des Canaux Bretons

Même si on reconnaît clairement que la navigation de plaisance (par conséquent la canalisation des rivières) n’est pas incompatible avec les directives européennes (ce serait bien de l’appliquer aussi pour le Cher et éviter le démantellement du riche patrimoine des barrages à aiguilles)) on ajoute qq part dans le texte "les cours d’eau doivent revenir dans leur lit". Par ailleurs il est textuellement écrit que l’indice "peuplement poisson" donc migration ou circulation du poisson n’est pas indicateur forcé de la qualité des eaux !! Ce qui démontre que le poisson s’est adapté à ce nouveau écosystème. Barrages, digues, déversoirs qui ont crées depuis des siècles un écosystème spécifique des canaux ne sont que l’obsession fixe de quelques rares pêcheurs qui n’ont pas assimilé la notion de bassins versants ! Ce n’est pas pour aurant qu’il faut baisser les bras pour la reconquête de la qualité des eaux.

J’approuve totalement l’Onema( ancien Conseil Supérieur de la Pêche (CSP)) de se pencher sur les problèmes du bassin de la Vialine et surtout sur l’Oust, rivière canalisée qui de sa source à son estuaire est dans un bassin versant ou agriculture et élevage sont assez intensifs. Les recherches et analyses sur les poissons pêchés aideront à mieux comprendre le biotope dans lequel baigne le poisson. Par cette démarche l’Onema fait preuve d’une objectivité totale de recherche de responsabilité collective qui rejoint l’étude systémique demandé depuis longtemps par le Comité des canaux bretons et l’ANPEI. De sérieuses mesures seraient à prendre au origines des sources de pollution sur les bassins versants, en matière d’agriculture raisonnée, de réduction d’emploi de produits phytosanitaires, de normes draconiènnes en matières d’autorisation d’élevages et surtout d’entretien des ruisseaux affluents des rivières (travail réalisé bénévolement surtout par des associations de pêcheurs bénévoles soucieux de la qualité de l’eau), véritables "cathéters" perfusant toutes les pollutions anthropiques…

C’est dans le cadre des SAGE et du SDAGE que l’intelligence collective peut se mettre en oeuvre pour gagner cette bataille de reconquête de la qualité des eaux.

Kader Benferhat

Président du Comité des Canaux Bretons


Cours d’eau. Une santé à retrouver pour 2015

(Le Télégramme de Brest, 12 juin 2008, Gabriel Simon)

Un nouveau couperet européen va tomber. Les cours d’eau devront être en bon état général en 2015. En Bretagne, on n’en compte pour l’instant que 18 % en mesure d’atteindre cette situation.

Une directive-cadre européenne sur l’eau oblige les États membres à rechercher un « bon état » de leurs cours d’eau pour 2015 : normes de concentration en produits chimiques à ne pas dépasser, diversité des espèces végétales et animales à rétablir et dégâts commis lors d’aménagements hydrauliques à réparer. Le couperet des amendes risque de tomber car, actuellement en Bretagne, on considère que 18 % de la masse d’eau répondent aux critères. « Cette directive européenne est une directive de résultat », indique Patrick Lavarde, directeur de l’Onema (Office national de l’eau et des milieux aquatiques). « Si ce bon état n’est pas atteint, il faudra expliquer pourquoi ». L’objectif pour la Bretagne est de parvenir à la restauration de 47 % des eaux. Sur les sites où la directive ne pourra pas être respectée, l’État va demander à l’Europe de repousser la date limite à 2021 ou 2027.

Une dérogation va être sollicitée pour une grande partie du bassin de la Vilaine et certains affluents de l’Oust.

Meilleure santé à l’Ouest qu’à l’Est

L’Onema, organisme qui a remplacé le Conseil supérieur de la pêche, a réalisé un état des lieux à partir de sites de références. Un des indices de qualité est le peuplement en poissons. Sur ce point, la situation se révèle meilleure à l’Ouest qu’à l’Est (voir ci-dessus). Ce qui n’atteste pas d’une meilleure qualité générale des eaux. Le plus fort débit de ces rivières laisse moins de temps aux pollutions d’intégrer la chaîne alimentaire. Comme les nitrates qui, cependant, explosent en marées vertes à l’arrivée en mer. À l’Est, en revanche, du fait de recalibrages, rectifications de voies d’eau pour des besoins agricoles, la pollution diffuse a des effets plus immédiats. Les techniciens de l’Onema étaient, vendredi dernier, sur le canal de Nantes à Brest, à Saint-Martin-sur-Oust, où ils ont procédé à une pêche électrique pour prélever des poissons vivants et les examiner sous toutes les coutures. Ces données vont être analysées en laboratoire.

Être dans le bon lit

Parmi les anches, gardons, sandres, perches etc., on a trouvé aussi des espèces autrefois absentes de nos cours d’eau, comme la perche soleil ou le poisson-chat. La découverte d’animaux importés inquiète toujours les spécialistes car elles font courir une menace d’invasion, comme ce qui se passe avec les écrevisses de Louisiane, présentes en quantité en Vilaine. Il reste donc sept ans pour restaurer les cours d’eau où des actions seront « perceptibles », « à un coût acceptable », indique l’Onema. Le projet, adopté par le comité de bassin Loire-Bretagne (27 départements), porte sur la lutte contre les pollutions ponctuelles, diffuses (nitrates, phosphates, pesticides), la remise des cours d’eau dans leur lit. Sur les parties canalisées, il n’est pas question d’arrêter la navigation. « Ce n’est pas en contradiction avec la directive européenne », souligne Patrick Lavarde.

 


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