lundi 5 novembre 2007
(suite aux menaces de débarrage sur le canal de Nantes à Brest l’ANPEI s’adresse au Président du Conseil Régional de Bretagne)
Gilbert VALENTIN Président de l’ANPEI
Montech le 2 novembre 2007.
A
Monsieur le Président Du Conseil Régional Bretagne 283 Avenue du Général Patton 35711 Rennes cedex 7.
Monsieur le Président,
L’Association Nationale des Plaisanciers en Eaux Intérieures, ANPEI, alertée par tous ceux qui ont à cœur de défendre le réseau et le patrimoine navigable de notre pays, vous apporte tout son soutien face à la situation inédite devant laquelle la Région Bretagne se trouve confrontée.
A la suite d’un long processus la Région Bretagne avait manifesté l’intention de répondre positivement au transfert de ses canaux au terme de la loi qui lui donne cette possibilité avant le 1er janvier 2008.
Notre Association avait enregistré cette décision comme un signe fort au moment où les Collectivités Territoriales doivent s’interroger sur une nouvelle vague massive de transfert des voies navigables.
Par votre décision, vous apportiez un élément de confiance en direction des négociations entre les Régions et l’Etat. Les Régions pouvaient s’appuyer sur un exemple de maintien du réseau navigable, intégré dans la conservation du patrimoine pour le développement de tous les tourismes sur et autour de l’eau, et pérenniser tout l’apport financier et la volonté investis au cours de longues années. Aujourd’hui un projet du SDAGE du Bassin Loire Bretagne, en projetant de supprimer les barrages et les écluses sur le canal de Nantes à Brest de Port-Launay à Pontivy, vient réduire à néant votre initiative d’appropriation de vos canaux.
Une contradiction à résoudre.
Un rapport de janvier 2007 sur la gestion des voies navigables, à la demande du gouvernement indiquait : " (des) Collectivités bénéficiaires plutôt réticentes à solliciter le transfert de propriété des voies d’eau.". Cette attitude qui était compréhensible devant l’ampleur de la tâche devient légitime si les voies transférées, pour un usage dans le cadre d’une politique régionale mûrement réfléchie, voient cet usage modifié sans que la Région ne puisse s’y opposer. Aujourd’hui il s’agit du canal de Nantes à Brest, demain toutes les voies d’eau peuvent être concernées. Une telle contradiction, non surmontée, pèserait lourd dans les décisions que doivent prendre les Collectivités sur le transfert des voies navigables.
Une cohérence Régionale, Nationale et Européenne. Des investissements financiers et des volontés affichées des niveaux européens, nationaux et régionaux ont conduit à mettre sur pied des projets de remise en navigabilité de voies à l’exemple du Lot. Il serait pour le moins incohérent que, dans le cadre du développement durable, des études incomplètes viennent ici mutiler des territoires tandis qu’ailleurs on s’évertue à les reconstruire.
Une évolution nécessaire des SDAGE.
L’objectif de préservation et d’amélioration des eaux qui justifie la création des SDAGE ne saurait être remis en cause. Mais le cadre de son action doit intégrer tous les aspects du vivant que sont notamment le secteur économique du tourisme, la préservation du patrimoine, les politiques régionales d’aménagement du territoire, … Ainsi dans le projet du SDAGE du Bassin Loire Bretagne de juin 2007 le point 13 "Renforcer la cohérence des territoires et des politiques publiques" pourrait prendre tout son sens si dans la volonté de prendre légitimement la défense de l’eau on prenait le soin d’y intégrer les hommes dans toutes leurs dimensions.
Veuillez croire, Monsieur le Président, à l’expression de nos sentiments distingués et à notre entière solidarité dans les efforts que vous déployez pour la voie d’eau.
Gilbert Valentin.
Pièce jointe : Présentation de notre Association ANPEI.