mercredi 30 avril 2003
(Gérard Cottenceau)
Le 13 avril 2003, dans l’après-midi, nous nous amarrons au quai de Decize dans le bras de la Vieille Loire.
A 21h30 nous sommes brusquement tirés du lit par un choc sur le pont du bateau. Pieds nus et en pyjama, nous découvrons que nous partons à la dérive dans le chenal.
Il fait nuit, et il faut quelques instants pour reprendre ses esprits, voir un gamin qui s’enfuie, faire préchauffer le moteur et le remettre en marche. Des jeunes, alertés par nos cris, attrapent nos cordages lorsque le bateau peut enfin se rapprocher du quai. On se sent mieux.
Des cordes ne se détachent pas toutes seules.
Je retrouve, flottant entre le quai et le bateau, un morceau de bois que j’ai déjà vu dans la soirée. Sorti après le repas du soir pour ma promenade rituelle, j’avais fait remarquer à deux enfants de 12 à 15 ans que leur occupation n’était pas un jeu et que celle-ci était même dangereuse. Ils faisaient rouler un rondin de piquet de clôture du haut du talus bordant le quai pour voir s’il allait arriver jusqu’à l’eau. Bétises de gamins qui s’ennuient, les parents installés dans leur camping-car sur la place dominant le quai ne se sont sans doute aperçus de rien, il me semble normal qu’un adulte joue son rôle en l’abscence des parents. Les enfants bougonnent puis repartent vers le camping-car.
Tout laisse à penser que les gamins ont détaché les cordes et qu’ensuite ils ont jeté le piquet de clôture sur le bateau.
La gendarmerie est immédiatement prévenu par téléphone avec tous les éléments ci-dessus, y compris le numéro d’immatriculation du camping-car. J’attends toujours que les gendarmes me tiennent informé de leurs investigations.
Cet événement, qui aurait pu très mal tourné, pourrait susciter, en un autre lieu, des réflexions citoyennes sur le rôle des forces de l’ordre. Mais notre souci premier est de tirer des enseignements pour les plaisanciers.
N’oubliez pas que vous avez une ancre.
Depuis une quinzaine d’années que je navigue j’ai toujours mouillé une ancre pour sécuriser mon amarrage lorsque je suis en rivière. A Decize, dans la Vieille Loire, j’ai pensé que c’était inutile.
Cela me servira de leçon. Désormais je n’oublierai jamais l’ancre en rivière.